Boarding House à Chin state

Chin State est un des état les plus pauvres et isolé de Birmanie, située à la frontière avec l’Inde. Cette région est située en altitude, les routes ne sont pas encore bien consolidées et le ravitaillement ainsi que le transport y sont difficiles. Les villages les plus isolés sont à plusieurs heures de tout pôle d’activité et les éboulements fréquents tendent à augmenter leur enclave. C’est dans ce contexte que Guillaume a choisi de concentrer son action.

Guillaume a sillonné le pays pendant des années et soutenu et développé de nombreux projets. Il s’est installé à TuiThang en 2016, pour y développer une BoardingHouse (l’équivalent d’un internat), où il accueille gratuitement des enfants de villages reculés et des orphelins, grâce à son association Nimalay. Nous avons rencontré Guillaume il y a quelques années et il n’a eu de cesse de nous impressionner par son engagement, la force et la créativité qu’il met dans cette BoardingHouse, qu’il gère à plein temps de manière bénévole.

Aujourd’hui, une trentaine d’enfants et d’orphelins reçoivent l’aide de Guillaume. Sa BoardingHouse fonctionne de la manière suivante :

– les enfants sont logés dans des dortoirs avec des lits superposés et des malles pour que chaque enfant puisse ranger ses affaires personnelles. Ils sont aussi nourris, avec des plats équilibrés préparés par une cuisinière.

– les enfants de toutes les religions sont acceptés et encouragés à communiquer/pratiquer de manière libre (des enfants bouddhistes emmènent leurs amis catholiques au monastère, et inversement). Ils sont libres de pratiquer, mais aucune formation religieuse additionnelle n’est dispensée par Guillaume.

– Dans ces endroits reculés, les enfants ne parlent parfois que le Chin, ce qui les handicaps clairement lorsqu’il s’agit de commencer à étudier en birman. Guillaume et les professeurs qui travaillent avec lui, dispensent aux enfants des cours de birmans et les aident dans leurs révisions et pour leurs devoirs.

– Les enfants sont pleinement accompagnés dans leur scolarité, mais pour pallier aux défauts du système scolaire birman (apprentissage par coeur, pas de développement d’esprit critique), Guillaume et les professeurs qui travaillent avec lui donnent des cours d’anglais et d’informatique en mode occidental, par la pratique et le jeu. Les enfants y parlent mieux anglais que dans tous les autres orphelinats/boardinghouse que nous avons visités en Birmanie. Ils savent aussi faire preuve d’autonomie à travers des recherches sur internet, la rédaction de documents, l’envoi de messages, et s’amusent ce faisant. Ils sortiront avec des diplômes et un savoir-faire qui leur permettra de trouver du travail n’importe où en Birmanie.

– Le projet de Guillaume va en grandissant, puisqu’il ouvre une classe par année (pour permettre aux premiers enfants et orphelins arrivés de passer à la classe supérieure). Le projet est officialisé auprès de l’état birman, qui lui envoie donc des orphelins et des enfants défavorisés ; le reste du temps, c’est Guillaume qui réalise parfois jusqu’à 10h de trajet sur des petits chemins de terre pour rejoindre les villages les plus isolés et proposer son aide.

– Guillaume et les enfants développent aussi leur autosuffisance, comme nous le faisions avec le projet de Mary : un grand poulailler avec près de deux cents poules + un petit élevage de cochon + une serre et des terrasses de culture (ceux qui nous suivent depuis quelques années se rappellent surement des frères Molcard, qui étaient passés par notre orphelinat pour y développer l’autosuffisance alimentaire; nous les avions dirigés vers Guillaume qu’ils avaient aussi aidé) + une cave à champignon + de futurs projets de ruches et d’élevage de poisson.